Conurbations, mégalopoles, villes géantes… La ville contemporaine se caractérise notamment par sa fonction circulatoire. Au coeur du tissu urbain, la gestion de l’espace public consiste avant tout en une gestion rationnelle et fluide de la circulation et des flux. Arrêts, bouchons, interruption du trafic piéton comme automobile sont synonymes de paralysie, de désordre et de perte de temps. Dans nombre de règlements municipaux légiférant sur le domaine public, il est interdit d’entraver la libre circulation de la voie publique. Circuler, il n’y a rien à voir. Les Souffleurs – Commandos poétiques envisagent la ville comme territoire des hommes et non comme zone de flux. Comment exister, en tant qu’humain, au coeur de cet espace féroce et préoccupant ? Est-il possible de transformer ce monde, d’influer sur l’espace public par une posture d’observateur, par une qualité de présence, par le silence ? C’est ce défi d’être au monde, en tant qu’artistes et qu’hommes, que les Souffleurs relèvent au travers de leurs interventions en commandos.
Dans le quartier des Halles à Paris, plus d’un million de visiteurs transitent chaque jour. Dans ce contexte autorégulé, saisir le rythme du circuit, dévier une trajectoire, se poser au milieu d’un flux deviennent rapidement des actes subversifs. C’est aussi faire l’expérience physique de se sentir traversé par le mouvement de l’espace public. Le 10 juin, les Souffleurs – Commandos poétiques vous convient à un petit travail de contre-point.