Rencontres proposées par la Fédération des arts de la rue en Île-de-France


mardi 5 février 2008 de 17 h 00 à 18 h 30

Comment ne pas amuser la galerie ?

Rencontre avec Xavier Juillot, plasticien.

Au jeu de l’aménagement urbain, la tentation de l’aménageur est grande de fixer le meilleur des mondes possibles et d’assigner une place à toute chose, y compris à l’artiste. Comment préserver la ville dans ses potentiels, comment dépasser les déterminismes et pour ce qui est de la production artistique, comment échapper au format, arracher l’art à la pédagogie du système où l’artiste est souvent utilisé comme caution car son oeuvre intervient toujours lorsque l’espace est déterminé, terminé.

En amont du projet urbain, avant que la mécanique des prescripteurs ne fige la ville dans une réponse d’aménagement, Xavier Juillot, avec la complicité d’invités, se propose d’analyser et travailler les potentiels d’action d’un site. Cette démarche consiste à mettre en place des dispositifs d’expérimentation autonomes, à proposer des lectures de la réalité spatiale, aux échelles de l’environnement. L’expérimentation est la base des propositions génératives de réalisations récentes telles que “le Bureau des vérifications” sur le site du Port Nord de Chalon sur Saône. Xavier Juillot parie sur les processus et pour ce faire, met en place son propre système de production. Pour la rencontre, Xavier Juillot et ses invités livrent les principes de ces expérimentations in situ.

Résumé

Mardi 5 février, Xavier Juillot et le bureau des vérifications nous donnent rendez-vous à la Villette autour d’une question : Comment intervenir dans la ville sans tomber dans le décor, sans être le supplément décoratif d’une ville pérenne, normée, imperturbable ?

La Villette est par excellence considérée comme un lieu dédié à la création, l’architecture extérieure du site a été conçue par l’architecte Bernard Tschumi en référence aux gloriettes qui ponctuaient les jardins aristocratiques du XVIIIème siècle, les Folies abritent ainsi des services administratifs (billetterie, infirmerie, bureaux) du Parc. Les Folies sont considérées par l’architecte comme des constructions expérimentales, flexibles et en perpétuelle évolution.
Afin de remettre en enjeu, en question, en tension la ville, Xavier Juillot se propose ainsi d’intervenir sur les Folies afin de mettre à l’épreuve des faits les discours produits et de travailler sur les potentiels d’action d’un site. Il propose ainsi de mesurer la tension entre deux Folies.
Pour mener cette expérimentation, Xavier Juillot et le bureau des vérifications suivent la procédure requise et font une demande auprès du cabinet de l’architecte afin d’obtenir l’autorisation de tirer un câble entre deux Folies. Ils obtiennent une fin de non recevoir. L’expérience pourrait mettre en péril l’œuvre de Bernard Tschumi.
Malgré ce refus, Xavier Juillot et ses complices, décident, depuis le toit terrasse de l’une des Folies de livrer leur approche des lieux en étudiant la résistance d’une Folie.

La séance commence donc par une tentative simple mobilisant la participation de l’assistance : mesurer la tension exercée par la traction d’une trentaine de personnes raccordées par une sangle entre deux folies.
Tandis que le bureau des vérifications constate qu’en pointe, le vent exerce jusqu’à 2 tonnes de pression, celle du public n’excédera pas 210 kg, malgré plusieurs tentatives sous l’œil vigilant de José Rubio.
Xavier Juillot et le bureau des vérifications peuvent ainsi relativiser l’effet de l’action humaine sur les lieux et relever au passage les critères draconiens opposés par la chaîne de gestion du patrimoine public à l’action artistique.
Si pour l’intervenant, c’est justement la friction à un site, le fait de s’exprimer sur un lieu non figé qui permet de produire du sens, il semble in fine que les artistes ne rentrant pas dans un format de programmation, débordant du cadre institutionnel soient exclus du processus de création et d’expérimentation. Ne pas tomber dans le décor, c’est pourtant mettre à l’épreuve les lieux.

La conférence action en image :
- Rencontre avec Xavier Juillot
- Vérifier la tension entre deux folies
- Mesurer la force de la traction de l’humain
- Le vent exerce une pression jusqu’à 2T sur le bâti
- Celle du public n’excèdera pas 210 kg
- Malgré plusieurs tentatives
- Ne pas tomber dans le décor, c’est mettre à l’épreuve les lieux

Photos

Xavier Juillot, plasticien, est également enseignant à l’École d’architecture de Paris La Villette en “Arts et scénographies urbaines”.


PARIS 19, RDV devant la Grande Halle de la Villette (sortie du métro) Métro 5 Porte de Pantin
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